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Publié par CFTC Santé sociaux 44 Nantes et Loire-Atlantique

Commentaire

Cette étude vaut la lecture car elle donne un aperçu statistique d'ensemble sur l'entrée dans l'exercice du métier. La profession reste encore attractive et la demande pour le métier reste soutenue. Il serait cependant imprudent d'en rester là dans l'analyse, d'autant que l'on constate une baisse des entrées dans les IFSI qui indique une baisse de l'attractivité du métier qui mérite aussi l'analyse.

50% des recrutements sont effectués par l'hôpital public. Or les contrats courts (1 à 3 mois) y deviennent la norme à l'entrée, d'autant qu'ils répondent souvent aux besoins de recrutement temporaire liés au remplacement d'un absentéisme de plus en plus important du fait notamment de conditions de travail qui se révèlent souvent  "usantes". Cela est aggravé par l'allongement des délais de stagiairisation (plus de 3 ans à Nantes en 2018, 2 ans et 11 mois en fin d'année). Tous les contractuels sur poste vacant (et qui ne sont donc pas en situation de remplacement) ne sont pas stagiairisés. L'étude montre aussi qu'il faut en moyenne 3 ans dans le privé pour pouvoir signer un CDI et que la proportion d'infirmiers en emploi stable au bout de trois ans reste la même qu'il y a dix ans. Il n'est plus rare de voir des démissions d'IDE lassé(e)s d'attendre une stabilité lointaine dans un service/pôle qu'ils n'ont pas choisi, avec des congés peu ou pas programmés, souvent de nuit pour remplacer les titulaires qui sont moins nombreux à être motivés par les roulements de nuit, et avec moins de week-ends sans travailler, car ils sont sollicités pour faire face à l'absentéisme.

Si l'on y ajoute le sentiment de perte de sens et de déshumanisation des soins qui est apparu ces dernières années chez beaucoup de professionnels soignants (qu'il s'agisse d'aide-soignants ou d'infirmiers) et qui se transmet parfois aux étudiants infirmiers à l'occasion de leurs stages dans les services de soin, il convient de ne pas se contenter des statistiques d'insertion professionnelle pour se réjouir. Certes la situation est nettement moins critique que chez les aide-soignants, mais les signaux d'alerte doivent impérativement être pris en compte.

 

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